Même pas mal… ça baigne ! C’est ce qu’on essaie de se faire croire, alors qu’au fond…

Que dirait ce chat, s’il pouvait parler ? Je ne suis pas sûre qu’il s’exprimerait dans un langage fleuri mais plutôt avec des noms d’oiseaux !

Et comment faîtes-vous, vous, dans notre monde civilisé d’humains pressés, voire stressés, quand vous venez de prendre une douche froide alors que vous rêviez d’un bain chaud ?

« Bonjour, ça va ? Oui et  toi ? » . Et chacun s’en va de son côté, sans attendre la réponse… Ressemble-t-il à ça, le rituel du matin au bureau ?

Nous sommes habitués à dire que tout va bien, à faire semblant. Et nous finissons même par le croire nous-même.

Pourquoi ?

Gestalt Paris 15Je vais vous proposer quelques « bonnes » raisons :

  1. Je donne à voir ce que je crois qu’on attend de moi
  2. J’ai peur de faire fuir si j’avoue que je ne vais pas bien
  3. Je ne veux surtout pas y regarder de trop près car je crains d’être embarrassé, voire submergé par mon émotion réelle
  4. Je ne me donne pas le droit de me plaindre, car il y a pire
  5. J’ai pris l’habitude de cet état qui s’est installé petit à petit, je n’ai plus de repères sur mon propre bonheur
  6. Je suis anesthésié et je ne ressens pas que je souffre à l’intérieur
  7. Si je reconnais que ça ne va pas, il va falloir que je change quelque chose et je ne sais ni quoi ni comment, j’ai peur de l’inconnu
  8. Je suis habitué à me battre, à faire des efforts, ça a bien marché jusqu’ici, alors… je continue
  9. De façon non consciente, je crois que je n’ai pas droit à mieux
  10. Si j’ouvre la porte à mon ressenti douloureux, j’ai peur de devenir violent(e).

Souffrance ou douleur ?

Christophe Massin, psychiatre et psychothérapeute, nous indique que la souffrance arrive quand il y a un écart entre nos attentes et la réalité. Donc assez souvent finalement, non ? Ça ne vous arrive jamais d’être déçu ? Moi si…

S’il est salutaire de ne pas se complaire dans la souffrance, il est utile de ne pas la nier. Il s’agit d’une activité de notre mental, qui ajoute des pensées, des comparaisons, des explications à la douleur initiale.

La souffrance, nous dit Christophe Massin, est un mélange complexe de douleur, de tristesse, de craintes, de peur de l’avenir, dans lequel on se débat. Et ce combat intérieur est plutôt stérile, car il passe toujours par les mêmes chemins, répétant des scénarios qui ne contribuent pas à notre épanouissement. Alors que le chemin de libération est de se laisser traverser par nos émotions fondamentales, y compris la douleur, pour contacter la part de nous qui n’est pas détruite et accéder à une plus grande ouverture de cœur.

C’est le chemin, mais… qui a dit qu’il était facile à prendre ? D’où l’intérêt d’avoir une main, un guide, pour nous accompagner.

Cesser de se mentir, oser ressentir

En acceptant son ressenti face à ce qui est, on quitte la dualité et on accède à la profondeur, alors qu’en rejetant sa douleur émotionnelle, on se rejette soi-même et on laisse seule cette part de soi. En l’accueillant, on la rassure et c’est ce qui fait fondre la douleur.

Cela nécessite d’être accompagné, soutenu, de recevoir une bienveillance active, d’être accueilli tel qu’on est. Le travail thérapeutique nous permet d’accueillir nos émotions négatives, sans en être submergé.

Dans leur livre « Trouver la force d’oser« , Daniel Grosjean et Jean-Paul Sauzède, coach et thérapeutes, préconisent dès la 2ème étape (sur 6) de reconnaître nos blessures, pour les intégrer. Ils citent l’exemple de Nicole, une battante, bosseuse acharnée, soucieuse de tout maîtriser. Elle somatise mais dit que tout va bien. « Elle traverse le monde comme un enfant qui n’aurait jamais pu donner la main à un adulte pour traverser la rue en toute sécurité. Elle ne peut compter que sur elle-même. »

Si vous vous reconnaissez en Nicole, c’est que vous avez déployé une belle force de vie. C’est bien, mais cela ne garantit pas l’équilibre. Et quand l’énergie diminue, ou quand la vie vous éprouve, le risque est de vous sentir un peu seul(e).

Le bonheur est une décision. Je vous invite à oser la prendre, à vous mettre en chemin.

Deux livres, pour aller plus loin :

Frédérique Bricaud – Gestalt Paris 15 – Psychothérapie